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jeudi 26 janvier 2017, Autour du livre de Yves Lugrin « Impardonnable Ferenczi. Malaise dans la transmission »


Soirée débat proposée par Annie Topalov et Jean Michel Delaroche autour du livre d’Yves Lugrin :

« Impardonnable Ferenczi. Malaise dans la Transmission »

Ed. Campagne Première, 2012

C’est en 2006 que l’attention d’Yves Lugrin est attirée sur Ferenczi alors que, dit-il, « comme beaucoup d’autres » il avait maintenu cet auteur « à une respectueuse distance, sans en connaître la raison... » Il se plonge alors dans les biographies et surtout, dans les correspondances de Freud avec ses collègues et amis, pour découvrir peu-à-peu les ressorts humains qui sous-tendent la naissance de la psychanalyse, son développement et son institutionnalisation.

« Impardonnable Ferenczi » n’est pas donc pas seulement un livre sur Ferenczi. C’est un livre qui (re)visite l’histoire de la psychanalyse à l’aune de la relation entre ses principaux protagonistes. Autour de Freud, le plus important de ses compagnons de route, Ferenczi, dont le nom et les travaux ont fait l’objet d’un refoulement, dans le milieu psychanalytique, qui ne se lève que peu à peu...Mais aussi, aux origines de la psychanalyse, Fliess, dont le nom ne sera même pas mentionné par Freud dans sa Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique en 1914.

Yves Lugrin remonte le cours des histoires singulières de Freud avec ces hommes qui furent ses compagnons de route en dévoilant, comme dans une enquête policière, les dessous de leurs relations, que ceux-ci se sont efforcés de cacher.

Que s’est-il passé en 1932 pour que la mémoire de la place de Ferenczi dans l’histoire de la psychanalyse ait été à ce point contrariée ? Cette question emmènera Yves Lugrin et ses lecteurs beaucoup plus loin que prévu...

Jean Michel Delaroche

* * *

« Que s’est il passé en 32 pour que la mémoire de la place de Ferenczi dans l’histoire de la psychanalyse ait été à ce point contrariée ? A travers lui, que voudraient oublier les analystes d’hier et d’aujourd’hui ? »

C’est à partir de cette énigme qu’Yves Lugrin s’est engagé, tel un véritable enquêteur, à comprendre ce qui a mis fin à ce compagnonnage Freud-Ferenczi. Dans les méandres d’une lecture minutieuse des correspondances de Freud avec Ferenczi, mais aussi Jung Abraham, Eitingon, Rank et Jones, l’auteur nous emmène dans une lecture où l’éclairage rétroactif opère comme un déplacement/glissement de ce qui a pu constituer le malaise d’une transmission dans l’histoire de la psychanalyse.

Que nous entrions dans ce livre par l’épisode de Wiesbaden en 1932, ou bien par l’incident de Palerme en 1910, ou encore par l’affaire Rank de 1924, Yves Lugrin poursuit le fil de ce qui s’est brisé dans le lien Freud/Fliess à Breslau en 1897.

Toute l’originalité de ce livre nous conduit à cette interrogation : si Freud pense avoir réussi à faire naître sa théorie de la bisexualité là où Fliess s’est enlisé dans une crise paranoïaque, Yves Lugrin pense qu’il n’est pas si sûr que Freud ait réussit là où Ferenczi l’interpelle, là où se manifeste la dimension anté-oedipienne de l’infans dans le transfert, ce que Freud ne peut entendre.

Impardonnable Ferenczi, d’avoir défendu la cause du trauma, d’avoir plaidé pour ouvrir les voies de la régression dans le transfert et d’avoir « gratté l’adulte » et trouvé l’infans. Impardonnable encore, d’avoir mis au travail la conception freudienne de la fin de l’analyse. « De cette déchirure finale, le malentendu entre les deux hommes est précieusement fécond » : c’est le pari dans lequel Yves Lugrin nous engage.

Ce livre est captivant, d’autant plus que l’auteur encadre son propos par la naissance de la psychanalyse, où se joue la passion du couple Freud/Fliess, et « l’oubli Ferenczi » dans l’histoire de la psychanalyse. « Ferenczi : faux problème ou vrai malentendu » paraît en 61 sous la plume déterminée de Granoff à réhabiliter une œuvre laissée dans l’ombre par Lacan lui même.

Annie Topalov



[Article mis à jour le 6 janvier 2017)

Note

jeudi 26 janvier au 18 rue de Varenne, Paris 7e à 21h00 Code porte 02124 Participation aux frais de location de salle 10 Euros