Nous contacter
Accueil > Séminaires > Séminaire « Conte et

Séminaire « Conte et psychanalyse » - 2017-2018 - « et la femme sauva le monde »

Anna ANGELOPOULOS et Sylvette GENDRE-DUSUZEAU


Avec le thème « Et Dieu créa la femme », nous avons exploré les mythes de création comme Pandora, Lilith, Eve, … jusqu’à l’invention humaine de statues animées, telles que Galatée par Pygmalion, jusqu’aux « love dolls » plus récemment.

Nous nous sommes appuyées sur les contes populaires oraux de la méditerranée, présentant diverses figures féminines que nous avons mises en lien avec des moments de cli¬nique psychanalytique.

Ces créations féminines nous conduisirent à l’invention du féminin par le père de la psychanalyse, à l’écoute de ses premières patientes qui lui ouvrirent la voie vers le « continent noir » mythique que nous continuerons d’explorer.

L’intitulé de cette année, « Et la femme recréa le monde ! » est en lien étroit avec nos recherches sur le Conte Nouvelle. Il s’agit d’un genre de contes dits « ordinaires » par les spécia¬listes, qui met en scène des figures féminines réalistes et auto¬nomes, éloignées des aspects mythiques et merveilleux des récits qui nous sont familiers. Ce genre particulier s’inspire souvent des romans du Moyen Âge. Le Conte Nouvelle a ten¬dance à passer du registre écrit à l’oralité, contrairement au conte populaire qui peut être fixé dans l’écriture par les littéra¬teurs. Il existe un corpus français circonscrit de Contes Nouvelles, mais c’est surtout en Grèce que le répertoire de ce genre est très riche et inédit.

Inventer, penser, recréer le monde au féminin, c’est ce que nous discuterons et continuerons d’élaborer avec nos invités cette année.

***

Le séminaire aura lieu au 18, rue de Varenne, 75007 Paris, à 21h15 précises, le troisième jeudi de chaque mois (sauf décembre, avril, juin, le 2e) et un samedi après-midi, soit les : jeudi 16 novembre 2017, samedi après-midi, 16 décembre (15h-18h), jeudi 18 janvier 2018, jeudi 15 février, jeudi 15 mars, jeudi 12 avril, jeudi 17 mai et jeudi 14 juin.

***

Interventions

- Jeudi 16 novembre 2017, Anna Angelopoulos et Sylvette Gendre-Dusuzeau « Les Contes Nouvelles et le pouvoir du féminin » Les Contes Nouvelles mettent en scène un type d’héroïne affranchie de ses aides magiques, agissant pour son compte, et transgressant les règles sociales. Ce sont des femmes qui, avant ou pendant le mariage, font preuve de leur intelligence séductrice. Cette période de débordement met en acte des fantasmes de toute puissance féminine qui font rivaliser ces femmes intrinsèquement rebelles, avec des hommes de pou¬voir. Elles réussissent ainsi, à inverser, un moment, l’organisation virile du monde. Ensuite, tout va rentrer dans l’ordre. Et, grâce à cet épisode de retournement, les couples pourront enfin vivre heureux. Nous garderons, dans les exemples proposés, le lien avec la clinique.

- Jeudi 14 décembre, Marie-José Mondzain Philosophe, auteure de Confiscation des mots, des images et du temps, ed LLL, 2017, nous parlera de « La différence entre Dieu et Blanche-Neige ? Entre croyance et fiction »

- Jeudi 18 janvier 2018, Mireille Nathan-Murat « Ecriture de fictions et sevrage du psychanalyste » J’ai publié en mars 2016, Couleurs de Transfert, Psy Fictions, aux éditions de L’Harmattan. Psychanalyste à la retraite, j’ai puisé dans mon expérience clinique et la confrontation aux fluctuations des politiques de santé mentale et il en est né un roman. Je me suis risquée à inventer des personnages aux langages contrastés, totalement fictifs et pourtant familiers. Je les ai imaginés chacun selon une palette de couleurs de transfert, en thérapie ou en analyse, à différentes périodes de la pratique d’une clinicienne au cours des années Soixante à nos jours. Les polémiques, autour de l’accueil en psychiatrie sous influence psychanalytique des enfants autistes et leur famille, m’ont inspiré une histoire à plusieurs voix, qui a pris une ampleur plus importante. Je me suis aperçue après-coup, que l’évocation de grands-parents par ces patients imaginaires me révélait à quel point la « disparition » de trois des miens à Auschwitz me tourmentait encore, soixante-dix ans après la Libération des camps d’extermination nazis. Alors, j’en ai fait le fil rouge des réminiscences de cette psychanalyste au seuil de la retraite, faux double de celle que je fus, de l’enthousiasme des années de lutte du mouvement de psychothérapie institutionnelle, au désespoir du début des années sida, puis à l’espoir d’un passage de relais en psychia¬trie avec l’Appel des 39 contre la Nuit Sécuritaire. M.N.-M.
- Jeudi 15 février, Simone Molina « Le mystère des mains négatives ou le continent noir de la sexualité féminine »
En 2001 paraissait un numéro de la nouvelle Revue du groupe régional de psychanalyse de Marseille, L’impair dont le thème général était « Le sexe incertain ». J’y publiais alors un article intitulé « Entre féminité et féminisme : le furet du désir et l’énigme de la division subjective ». L’Impair, n° 2-3. Prenant appui sur ce texte, vieux de plus de 15 années déjà et sur les différents points que j’abordais alors, je dirai d’où procédait cette réflexion et vers où ce travail aura contribué à me conduire tant au niveau clinique, institutionnel que poétique. S.M.

- Jeudi 15 mars, Jean-Pierre Kamieniak « Freud sur les rives du continent noir » Si l’énigme de la femme s’est posée à Freud au travers de ses patientes, majoritaires en cette période fondatrice de la psychanalyse, encore fallait-il, pour tenter de l’entendre, qu’il ose et puisse appréhender le féminin en lui, confronté qu’il fut à l’imposant personnage maternel incarné par la belle Amalia. Aussi abordera-t-on quelques dimensions de cette problématique. J.-P. K.

- Jeudi 12 avril, Heitor O’Dwyer de Macedo « L’œuvre de Piera Aulagnier : clinique de la théorie, la métapsychologie freudienne sur le divan » Piera Aulagnier est la seule psychanalyste qui a proposé une métapsychologie du fait psychotique. Je referai avec vous le parcours de ses réflexions sur une impasse majeure dans la théorie freudienne qui lui a permis de réaliser ce travail. Ceci semble d’autant plus d’actualité que des gens de bonne volonté, s’intéressant aujourd’hui à sa pensée, avancent une série de formulations incorrectes sur les prolongements cliniques des concepts forgés par Piera. Je m’attarderai sur l’originaire, sur l’interdit de pensée, sur la potentialité psychotique, sur la prime de plaisir, sur le désinvestissement, sur sa conception du désir féminin (qui concerne directement le thème du séminaire cette année), et sur les conséquences qu’elle tire de son travail avec les fous pour l’ensemble de la clinique psychanalytique. Mon intimité avec sa pensée, fruit de la grande amitié qui nous unissait, me permet de rendre accessible, simple et immédiatement plaisant la présentation de l’ensemble des outils façonnés par l’artisan qu’elle était pour rencontrer la folie. Je ne vous ferai pas un exposé théorique ; j’organiserai plutôt une conversation sur comment elle m’a transmis son abord de la rencontre avec la folie et de l’usage que j’en fais dans ma pratique quotidienne de la psychanalyse. H.O’D.D.M.

-  Jeudi 17 mai, Pascale Hassoun « Femmes chinoises : Reliance et déliance dans la Chine contemporaine. Un regard psychanalytique » L’émancipation des femmes dans la Chine moderne se paie d’un lourd tribut psychique. Les codes familiaux résistent mais les valeurs morales traditionnelles s’effondrent. Les femmes cherchent à se définir. Certaines peuvent éprouver un profond sentiment de solitude et avoir peur d’une liberté qui échapperait à la contenance de la piété filiale confu-céenne. D’autres font feu de tout bois vers une sexualité le plus souvent coupée de leur vie affective et dont l’argent devient le critère. Toutes se retrouvent à un confluent. A l’aide de lectures et de rencontres cliniques, nous suivrons quelques trajets vers cet « autre » femme.
- Jeudi 14 juin, Anna Angelopoulos et Sylvette Gendre Dusuzeau « Retour aux Contes Nouvelles et au féminin »

***

Lectures accompagnant le séminaire : Anna Angelopoulos :
- Contes de la nuit grecque, José Corti, 2015 Pascale Hassoun :
- Un dragon sur le divan, Chronique d’une psychanalyste en Chine, ed Erès, 2017 Heitor O’Dwyer de Macedo :
- La clinique de Dostoïevski ou les enseignements de la folie, éd Cécile Defaut, 2015
- Lettres à une jeune psychanalyste, Paris, Stock, 2008 Simone Molina :
- Archives incandescentes, L’Harmattan, 2011,
- Recueil de poésie, Voile blanche sur fond d’écran, ed. La tête à l’envers, 2016  

Marie-José Mondzain :
- Confiscation des mots, des images et du temps, ed Les Liens qui Libèrent, 2017
- Images à suivre, Bayard Editions, 2011
- Qu’est-ce que tu vois ? Gallimard jeunesse, 2008 Mireille Nathan-Murat :
- Couleurs de Transfert, Psy Fictions, éd de L’Harmattan, 2016 Sigmund Freud :
- La féminité, ed. PBP, 2008
- « La féminité », 5éme conférence, 1932, in Les Nouvelles Conférences sur la psychanalyse, Gallimard, 1974.
- « Quelques conséquences psychiques de la différence anato¬mique entre les sexes » et « Sur la sexualité féminine », in La vie sexuelle, PUF, 1969.

***



[Article mis à jour le 1er septembre 2015)

Note

Anna ANGELOPOULOS tél. 06 12 67 37 54 mailto angelopoulos.anna gmail.com

Sylvette GENDRE-DUSUZEAU tél. 06 87 14 08 90 mailto gendredusuzeausylvette gmail.com