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SAMEDI 23 SEPTEMBRE 2017 A 17 H 30 APRES-MIDI DEBAT autour du livre d’Alice Cherki, en sa présence : « Mémoire anachronique. Lettre à moi-même et à quelques autres. »

Après midi proposé par Sylvette Gendre-Dusuzeau et Claude Guy en la présence d’Alice Cherki


Le livre de Alice Cherki, Mémoire anachronique. Lettre à moi-même et à quelques autres, édition de l’Aube, 2016, est paru en même temps en France aux éditions de l’Aube, et en Algérie aux éditions Barzakh, ce qui, déjà en soi, n’est pas loin de l’exploit, et en tout cas d’une volonté affichée de souligner un engagement militant sans faille pour ce pays qui l’a vue naître à l’époque de l’Algérie coloniale, de nous raconter son enfance et son adolescence dans Alger occupé tout en revenant sur son engagement précoce pour la cause algérienne et sur sa part active dans la lutte pour la libération de l’Algérie.

« Ce livre n’est pas une nouvelle mais un parcours, ce n’est pas un récit historique, mais une traversée. Une lettre, littéralement la lettre en souffrance à partir de laquelle viennent se former des mots ou des paroles qui s’adressent à un autre, intérieur ou extérieur. Une lettre aussi comme celles que l’on envoyait par la poste, il y a longtemps déjà, à un éventuel destinataire auquel on voulait donner des nouvelles… offrir le témoignage que l’on était toujours en vie », affirme Alice Cherki en évoquant son récit.

On y trouve au fur et à mesure de la lecture des souvenirs, de la pensée, sa pensée des événements, de la vie et de la mort, de la maladie, des jeunes, de son Algérie, le spectacle de la nature, le comportement des hommes, les événements du quotidien… et surtout ses mouvements intérieurs. Les sentiments que celui ou celle qui écrit éprouve pour autrui, les interrogations identitaires et existentielles qui sont les siennes…

Ce n’est pas un témoignage : on peut douter fortement qu’Alice Cherki veuille témoigner de quoi que ce soit. C’est de transmission dont il s’agit : « Le tissage des textes, toutes générations et toutes écritures confondues qui réussit à transmettre, à la source même de l’hétérogène, une histoire vive que souvent les historiens affadissent » nous dit-elle.

« Mémoire anachronique veut dire que c’est au fil de l’hétérogène, y compris en soi, que l’on peut comprendre et vivre les émotions liées aux rencontres, au temps, aux lieux », ajoute-t-elle.

Alice Cherki écrit sur l’écriture, les femmes, le pourquoi de ce métier de psychanalyste, sur le choix d’écouter ceux qui souffrent de traumas qui n’ont pas été entendus.

Cette lettre est aussi celle d’une psychanalyste, lettre de l’inconscient de par les mouvements intimes qu’elle dévoile, de par les refoulés qu’elle lève et des effets sombres et violents de l’âme humaine qu’elle laisse paraître. Alice Cherki est une psychanalyste qui écoute l’histoire, elle-même ancrée dans le politique, et dont la lettre « envoyée » tente aussi de « redonner sens à la transmission en insistant sur le lien qui, du non-sens, ouvrirait vers le sens et rappellerait les hommes à l’incomplétude du symbolique et à l’altérité qui en découle, ce que dictatures et surtout fanatismes refusent violemment ».

Cette militante de toujours qui la mène aujourd’hui à aller transmettre la psychanalyse en Algérie à de jeunes psychologues et psychiatres en demande d’outils pour entendre les conséquences psychiques des violences et terreurs dont leur pays fut traversé, tient à nous faire connaître son engagement et à nous faire sentir comment il s’est mué en une volonté affirmée de parler du cri des « sans voix », de la violence, de la honte, de la haine et de la détresse psychique.

De chacune de ses rencontres jaillit toujours de l’improbable, souvenirs imprécis, mais toujours vivants de cette infatigable voyageuse… de la vie intérieure.

Sylvette GENDRE-DUSUZEAU et Claude GUY



[Article mis à jour le 17 septembre 2017)

Note

LE SAMEDI 23 SEPTEMBRE 2017 A 17 H 30

à I.P.T,

83 boulevard Arago, Paris, 13e