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Le jeudi 22 juin : Soirée Débat avec Francis Hofstein « Un psychanalyste ordinaire » et « La passe »


Alain Baïtelli et Sylvette Gendre-Dusuzeau présenteront les deux derniers ouvrages de Francis Hofstein, en sa présence :
- Un psychanalyste ordinaire, ed du félin, 2015
- La Passe de Lacan, Ed du félin, les marches du temps, 2017

Francis Hofstein est l’un des huit co-fondateurs de la Fédération des Ateliers de Psychanalyse, en 1982. Cette association a été créée, par des psychanalystes, dans la suite de la dissolution de l’Ecole Freudienne en 1980. Ces huit fondateurs, anciens membres de l’Ecole, ont donc participé activement à la grande aventure lacanienne, mais ont souhaité ensuite créer un lieu de travail, la Fédération, pour pouvoir penser et pratiquer librement, à l’abri des dogmes, à entendre comme le dogme lacanien imposé par certains. Chacun a depuis poursuivi son chemin, dedans ou en dehors de la Fédération, avec « son » Lacan et avec d’autres novateurs en psychanalyse.

Dans son livre Un psychanalyste ordinaire, Francis Hofstein, reprend vingt articles qu’il avait publiés dans la revue l’Ordinaire, créée par deux psychanalystes Sigismond (Francis Hofstein) et Radmila Zygouris en 1973 et dont les 232 articles des 12 volumes sont parus non signés. Cette revue, qui a duré cinq ans, était connue et reconnue par Lacan, qui y retrouvait quelque chose de l’esprit de ce qu’il cherchait à transmettre. Elle proposait des réflexions autour du rapport de chacun à Lacan, à son enseignement, à son Ecole, à son pouvoir, et aux transferts dans l’institution. Dans un style percutant, poétique parfois où transparaît l’intime, les textes écrits par Francis Hofstein expriment, avec une grande liberté, tout un esprit de travail où pratique et théorie nouvelle se cherchaient mutuellement, autour d’une clinique quotidienne « ordinaire », qui s’effectuait loin des récits au dénouement miraculeux.

Pour tous ceux qui sont questionnés par ce moment lacanien de l’histoire de la psychanalyse qu’ils n’ont pas vécu, ces textes extraits de L’Ordinaire sont très précieux car ils posent les questions et réflexions nouvelles qui s’imposaient alors au sein de l’Ecole Freudienne, sur les institutions : la place des médecins et de la psychanalyse, le paiement des séances, sur l’écriture de la psychanalyse, la clinique, l’écoute, le contrôle et aussi sur une réflexion autour du nom, ici absent des auteurs, sans oublier les aspects politiques de la psychanalyse dans la société.

La question cruciale de la formation et de la transmission de la psychanalyse y est bien évidemment abordée : ce fut l’invention de la « passe », qui eut un grand retentissement chez les membres de l’Ecole, de par les vives polémiques qu’elle suscita d’emblée. A tel point que, presque cinquante ans après, Francis Hofstein éprouve le besoin d’y consacrer, tout récemment, un ouvrage entier, qui sera également abordé dans la discussion. Revenons à la Fédération évoquée au début. Il nous semble important de préciser que, dans la lignée de ses fondateurs à ce moment-là, elle est restée vivante dans ses modes de transmission. En effet, depuis trente-quatre ans qu’elle existe, elle fonctionne sur la base d’une formation mutuelle, chaque analyste étant reconnu par ses pairs. Elle ne propose ni gradus ni nomination. Cela implique que chacun de ses membres vient dans ses différents lieux, pour y risquer, avec d’autres, sa parole.

Quelques extraits :

Absence de nom : « L’écrit, dans le champ de la psychanalyse, dont la pratique même exclut la visée d’une œuvre, peut dire sans signature. Si son absence rend la peinture à un mutisme pourtant criant en ce qu’il touche au marché de l’art, et force l’écrivain à changer de métier, elle ne saurait autrement gêner un psychanalyste dans l’exercice de sa profession qu’en le privant de bénéfices secondaires, intimement de narcissisme et publiquement de rentabilité. »

La passe : « L’argent seul permet l’embarquement et la traversée, tandis que le nom (de quoi se payent les Analystes de l’Ecole quand ils proposent leurs passeurs ?) arrêterait l’errance. L’argent (lui seulement ?) permet l’analyse et le nom (lui seulement ?) est au bout du voyage, de la passe. »



[Article mis à jour le 22 mai 2017)

Note

le JEUDI 22 JUIN À 21H15 au 18 rue de Varenne, Paris 7e (code : 03521) Une contribution de 10 € est demandée pour la salle