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Historique


ATELIERS DE PSYCHANALYSE

L’origine du groupe responsable de la Fédération en Projet et des trois Collectifs actuels (Collectif Événements Psychanalyse, Collectif des Ateliers, Collectif du journal) remonte à 1965. À cette époque un groupe de dix à vingt jeunes analystes se réunissent chez Robert Lander pour travailler l’analyse en institution, en se démarquant des options idéologiques de Laborde de l’époque.

Le groupe s’élargit en 1968 et discute alors de l’institution EFP avec la nouvelle proposition de Lacan concernant la Passe. Ce groupe propose en 1969 la Motion B sur la Passe, motion qui devait recueillir un tiers des voix et qui insistait sur deux points :
- ce n’est pas l’analyste qui nomme le passeur
- pas de nomination au terme de la passe. (Cf. Scilicet 2/3 p. 39)

Dans la mouvance de ce groupe naissent d’un côté le Laboratoire de Psychanalyse (Anne-Lise Stern, Pierre Alien, Renaude Gosset), d’un autre côté la revue L’Ordinaire du Psychanalyste (douze numéros de 1973 à 1978, environ mille lecteurs). Cette revue pratiqua un anonymat réel, favorisa une parole hors prestige, et s’attacha à des sujets délaissés par l’EFP tels que l’histoire de la Psychanalyse et des Psychanalystes, et le transfert maternel et son pouvoir. (Il faut remarquer que le quatrième groupe s’est formé le même jour, celui des Assises de l’École).

1975-1980 : Une partie du groupe dit « Lander », et d’autres, travaillent sur le totalitarisme, dans les locaux de l’EFP, sous l’impulsion de Philippe Girard.

1980 : Dissolution de l’EFP par Jacques Lacan : « Je dissous ». Certains membres de ce groupe informel signent le « Référé » pour protester contre la manière dont la dissolution avait été provoquée. Ils n’étaient pas contre la dissolution en soi.

Janvier 1980 : création d’Entre-Temps : vingt-cinq numéros d’un bulletin tiré à six cents exemplaires, pour maintenir un espace de discussion, puisque les autres groupes en étaient déjà à s’organiser. Entre-Temps ne fut pas déclaré comme association et n’eut pas de statuts. Il n’institua qu’une liaison transitoire, avec cependant groupes de travail et colloques.

Septembre 1982 : Suspension d’Entre-Temps. L’ancien directoire (Marianne Monnet et Suzanne Ginestet d’abord, puis Suzanne Ginestet et Michel Tort) suspend ses activités. Huit personnes qui servaient (avec, à l’occasion, quelques autres) de conseil au directoire et furent appelées par dérision « comité occulte », décident de poursuivre (Pierre Delaunay, Miche ! Guibal, Francis Hofstein, Lucien Mélèse, Philippe Lévy, Dora Yankélévich, Hector Yankélévich, Radmila Zygouris). Ce sont les fondateurs du Projet de Fédération basé sur les Ateliers.

Les Ateliers de Psychanalyse

Mode de fonctionnement : La structure institutionnelle repose sur trois Collectifs indépendants, associations 1901 déclarées (ou non).

1) Collectif des Ateliers : un président, un trésorier, une secrétaire pour un an. À ce Collectif sont rattachés, par le moyen de délégués d’Ateliers, des groupes de travail. Ces groupes, (les Ateliers), sont donc les lieux de regroupement effectif des analystes dans leur travail régulier. Cela va du petit groupe d’intercontrôle au séminaire pluri-annuel. Ces Ateliers sont le mode pratique d’entrée dans le processus fédératif. Chacun y adhère à son gré et s’y fait reconnaître par son travail. (Cotisation cinquante francs. Correspondante : Catherine Guillaume, 18, Rue de Ménilmontant, Paris 20e).

2) Collectif Journal : Trois personnes, (bientôt cinq) se sont désignées pour effectuer un certain travail. Les statuts ne sont pas encore définitifs. Ce Collectif publie le Bulletin Espaces, contenant des documents inédits, des articles et des propositions de travail. Six numéros déjà parus. (Abonnement deux cent cinquante francs pour cinq numéros, à Roland Havas, 38, Rue du fer à Moulin, Paris 5e)

3) Collectif Événements Psychanalyse : Il est constitué des huit personnes promotrices du processus fédératif. (Actuellement neuf ; en moins F. Hostein démissionnaire, en plus Marie-José Puig et Fernand Niderman, cooptés). Il publie la collection L’Imparfait, deux numéros parus (CEP, éditeur, 1 passage d’Enfer, Paris 14e, responsable de publication Lucien Mélèse). Cette « revue » ne reçoit pas de textes mais publie des comptes-rendus de colloques ou de travaux effectués dans le cadre de la Fédération. Le CEP propose des A. G., des journées, des Colloques. Ses membres sont renouvelables par tiers tous les deux ans et par cooptation. Ses statuts sont en cours de dépôt, la participation de chaque membre est de mille francs annuels.

Le Projet global envisage une Fédération des trois collectifs sus-mentionnés, fédération représentée par un Conseil. D’autres groupements d’analystes pourraient ainsi se fédérer. Ceci permettrait à un certain nombre d’Associations de psychanalystes de se mettre d’accord sur quelques points cruciaux touchant l’éthique et la transmission de la psychanalyse, sans viser à l’identique et sans en passer par les groupes dominants actuellement. L’avantage du mode fédératif serait de permettre d’éventuelles séparations sans entraîner de catastrophes mutuelles.

Principes de fondation :

1) Éviter le collage entre l’analytique et l’institutionnel : les personnes se regroupent et se reconnaissent mutuellement dans leurs Ateliers qui ne sont que représentés au niveau du Collectif des Ateliers. Réciproquement, les institutions que sont les Collectifs n’ont pas de fonction prescriptive sur les principes de la psychanalyse.

2) Pour les participants des Ateliers une certaine « obligation de dire » doit rendre plus difficile que s’établisse une hiérarchie entre ceux qui parlent et ceux qui se taisent. (A l’intérieur de chaque Atelier ou lors de Rencontres élargies : Passe de travail effectif).

3) Il n’y a pas de listes d’analystes et pas de reconnaissance d’analystes par l’institution : la seule reconnaissance se fait par les liens et témoignages du travail effectué.

4) Il n’existe pas de « membres de l’institution » mais seulement des participants. Le nombre d’inscrits dans les Ateliers est d’environ soixante personnes ; participent aux Colloques entre cent cinquante et deux cent cinquante personnes.

L’enseignement et la transmission :

Les Ateliers ne délivrent pas d’enseignement en tant qu’association. Ils n’organisent pas d’enseignement pour les jeunes analystes. Ceux-ci peuvent se former ailleurs (Université, Psycho... et autres groupements analytiques...) Il existe des séminaires de recherche ouverts ou non. « Quelques-uns en témoignent » ce qui fait référence théorique.

La Passe :

La question de la Passe est discutée, mais il n’existe pas de position commune sur la Passe. Pour le moment aucun dispositif institutionnel n’est envisagé. (La plupart des membres du CEP sont « passés », deux furent A.E.) Cette position s’appuie sur une critique du fonctionnement de la Passe à I’EFP. Selon les personnes que nous avons interviewées, le dispositif à l’EFP était pervers. La Passe fonctionnait comme piège narcissique, comme idéal du Moi ou comme Signifiant de sortie de l’analyse, sans lieu de réponse où reprendre ces leurres. Dans les cures elle fonctionnait par ailleurs souvent comme effet hypnotique ou de suggestion, certains analysants allant jusqu’à mimer à leur insu le désêtre en fin d’analyse. Surtout la nomination du Passeur par son analyste (à son insu et sans son accord) entraînait un effet de reconnaissance prématuré et inanalysable dans ce cadre. Demeure l’idée d’une Passe sans ce dispositif, d’une circulation autrement organisée.

Certains effets de transfert en groupe ne sont pas aisément évitables, mais les analystes ici regroupés considèrent comme important de ne pas proposer le processus sus-décrit en modèle à leurs analysants, qui se regroupent fréquemment ailleurs.

(Historique extrait d’un interview de Radmila Zygouris réalisé en 1985 pour Les Cartels Constituants)



[Article mis à jour le 11 janvier 2011)