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Georg R. GARNER : L’étoffe du réel (Ed. Fédération des Ateliers de Psychanalyse, 2013)


Dix ans après la mort de son auteur, ce court ouvrage présente l’actualité de la pensée de Georg Garner et son travail inventif tissé d’interrogations et d’élaborations autour de la clinique, de l’éthique et du politique.

Ce qui fait l’originalité de cette œuvre et sa richesse c’est qu’elle circule entre les langues et se nourrit des champs voisins de la psychanalyse, peinture, littérature, sociologie, anthropologie, philosophie.

Partant d’un travail sur le théâtre des seizième et dix-septième siècles, ses recherches trouvent leur origine dans une réflexion sur la place occupée par le roi sur la scène du théâtre de cette époque. Il s’interroge par la suite sur le théâtre de l’analyse, son cadre et ses limites tout en questionnant le regard porté sur l’autre... Puis l’étude de la perspective de la scène l’amène à celle du tableau, puis à la poésie, et enfin à l’actualité qui le ramène souvent à la figure de l’étranger et aux questions de frontières.

Cet ouvrage illustre la démarche psychanalytique de Georg Garner, née dans la langue et la ville de Freud encore marquée par la guerre et ses conséquences. Exilé au Canada, il y apprend l’anglais qui sera sa langue d’études puis revient en Europe et s’installe à Paris pour approfondir ses recherches. Il adopte alors le français comme langue de pensée et d’écriture.

Composé de quatre chapitres, cet ouvrage présente tout d’abord l’évolution des interrogations de l’auteur et particulièrement ses thèmes de recherche. Le premier chapitre décrit l’histoire du séminaire qu’il dirigea au sein de la Fédération entre 1992 et 2003. Il y est question de la scène de théâtre puis de celle du tableau (Velasquez, Goya, Manet, Courbet, Picasso…), de poésie (Rilke, Apollinaire, Celan), mais également de l’actualité qui ramène souvent Georg Garner à la figure de l’étranger, aux questions des frontières, mais aussi à celles du langage et des langues, alors qu’il s’interroge sur le travail de l’inconscient, qu’il s’intéresse à la souffrance pour mettre en question son engagement dans sa pratique personnelle. Le deuxième chapitre est une retranscription inédite du séminaire de 1994 intitulé Les Ménines. L’étude des tableaux est un prétexte à l’élaboration qu’il mène sur la clinique, le corps, la vérité, l’éthique, les textes de Freud et de Lacan mais également les problèmes de l’Europe dont il annonçait les difficultés à venir. Le troisième chapitre « De la poussière qui parle au pli du réel » confirme les intuitions annoncées dans le chapitre précédent sur le pli et le dévoilement de la vérité alors que le dernier chapitre, plus politique, pose la question essentielle de la théorie et de la place du psychanalyste dans le cité.

Comment forger ses outils théoriques au service d’une clinique inventive pour des patients plongés dans un monde éclaté aux perspectives changeantes ? Quelle place pour la psychanalyse et le psychanalyste dans la cité ? Telles sont les questions récurrentes de ce livre.

Corinne Alexandre-Garner



[Article mis à jour le 29 septembre 2013)

Note

Cet ouvrage est en vente :
- soit à la librairie La Terrasse de Gutenberg, 9 rue Emilio Castelar, 75012 Paris
- soit en adressant un courrier à Sylvette Gendre-Dusuzeau, 45 rue Sedaine, 75011 Paris, accompagné d’un chèque de 14,55 € à l’ordre de la FAP.