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27 septembre 2014 : rencontre avec Pierre KAMMERER

autour de son livre « L’enfant et ses meurtriers. Psychanalyse de la haine et de l’aveuglement. Huit récits cliniques » - suivi de « Lettre à Michel Onfray » (collection Sur le champ, Gallimard, 2014)


Heitor O’Dwyer de Macedo, Philippe Réfabert et Annie Topalov introduiront les échanges.

Pierre Kammerer, chasseur de rêves

Tout ce que nous transmet Pierre Kammerer sur les enseignements de sa clinique a comme point de départ son engagement dans le transfert. Nous apprenons, ainsi, que la prise en compte des éléments de réalité de la vie du patient implique de soutenir la régression dans la cure, selon la conceptualisation donnée par Winnicott. En effet, je ne connais actuellement aucun autre analyste capable, à ce point, d’accompagner une telle régression, soucieux seulement des intérêts du patient, sans s’attarder aux bénéfices narcissiques qu’un tel accompagnement peut apporter au thérapeute.

Bien sûr, cette prise en compte de la réalité de la vie du patient va de pair avec une conception de la psychanalyse où le fantasme n’est pas le seul décodeur du fonctionnement psychique et où la réédition du réel du trauma dans l’espace transférentiel est attendue. Avec Philippe Réfabert et Annie Topalov, nous serons donc quatre psychanalystes qui partageons cette approche de la cure. Par ailleurs, si l’intérêt porté aux éléments de réalité de l’existence du sujet peut permettre la création (ou la consolidation) de l’aire transitionnelle, la non traduction dans la vie réelle des constructions ou interprétations proposées par le psychanalyste est un révélateur de l’adhésivité psychique aux événements traumatiques – question que Pierre Kammerer met actuellement au travail : pourquoi une telle fidélité aux souffrances subies ? Se préoccuper activement du non changement dans la vie psychique et existentielle du patient, c’est ne pas se contenter du recours à la compulsion de répétition pour justifier les difficultés cliniques du maniement des impasses qui encombrent le sujet, c’est privilégier dans le transfert ce qui ne se répète pas, c’est concevoir la cure comme un événement inédit, l’espace du transfert comme le lieu de la nouveauté.

Chasseur de rêves est une expression qui rend bien compte du travail du psychanalyste. Lorsque cette chasse se fait dans un terrain inhospitalier, sinon désertique, cela convoque la capacité de rêver du psychanalyste, sa capacité d’offrir son propre espace psychique comme un environnement primaire où il est bon d’être. Une telle disponibilité – Pierre Kammerer nous l’enseigne – implique une théorie claire sur la fonction des interprétations et des constructions en analyse, théorie qui permet de reconnaître dans quel registre se situent, à un moment donné de la cure, les enjeux transférentiels : dans le registre imaginaire, ou dans le registre symbolique, ou dans celui de la réalité, ou dans celui du réel du transfert. Je ne fais que mentionner quelques aspects du vaste paysage que Pierre Kammerer nous invite à parcourir. Quelle chance nous avons de le rencontrer !

Heitor O’Dwyer de Macedo

Participation aux frais de location de la salle : 10 €



[Article mis à jour le 15 septembre 2014)

Note

de 14 h 00 à 19 h 00 au 18 rue de Varenne, 75007 Paris (code de la porte : 05724)